ALG : Sans la formation «étrangère», l’Algérie serait… l’Italie !
Depuis mardi, l’élimination de l’Italie de la Coupe du monde 2026, la troisième consécutive après celles de 2018 et 2022, ne cesse de faire débat, notamment au pays des quadruple champions du monde (1934, 1938, 1982 et 2006) où la sortie de l’ancienne gloire de la Nazionale, Roberto Baggio a fait désordre. En effet, en 2010, Baggio s’est vu confier le secteur technique de la Fédération italienne de football avec comme mission celle de proposer un projet de réforme et de relance du football italien prenait déjà la tangente.
Malheureusement, en 2013 Baggio a dû démissionner en dénonçant l’attitude de la fédération qui n’a pas donné suite au rapport de… 900 pages remis deux ans auparavant, en 2011, sur le diagnostic et surtout les voies et moyens pour redorer le blason au sport le plus populaire. Pourtant, le projet porté par Baggio était porteur d’espoir et proposait, entre autres, une refonte totale des académies et des clubs italiens, la révision des programmes de formation que ce soit pour les entraîneurs, formateurs et éducateurs, ou bien pour les jeunes talents, en s’appuyant sur les meilleurs modèles existants actuellement, comme la France et l’Espagne.
Baggio a voulu aller plus loin en «révolutionnant» la philosophie et la pensée dogmatique portée sur le volet tactique, en s’ouvrant davantage sur la créativité et le jeu technique qui font, avant tout, la différence. D’ailleurs, tous les observateurs sont unanimes à dire que la qualité des joueurs italiens s’est sérieusement appauvrie, laissant perdurer un système moribond. D’ailleurs, la vision de l’un des anciens génies du football italien peut être aisément extrapolée au cas algérien où le système en cours est toujours incapable de produire suffisamment de joueurs de haut niveau à même d’alimenter l’élite nationale et surtout les différentes sélections du pays.
Aujourd’hui, les staffs des jeunes catégories n’hésitent pas à s’appuyer sur un nombre de plus en plus important de joueurs issus de l’immigration, et donc de la formation européenne. Cela se fait, par conséquent, au détriment du footballeur local. Sans cet apport et cette contribution, installée dans la pérennité, la première sélection du pays en pâtirait.
Prenez le dernier onze aligné par Vladimir Petkovic face à l’Uruguay, il se composait de Luca Zidane, Aïssa Mandi, Rayan Aït-Nouri, Rafik Belghali, Farès Chaïbi, Houssam Aouar, Ryad Mahrez et Amine Gouiri (tous formés en France), Ibrahim Maza (formé en Allemagne), Ramy Bensebaïni et Hicham Boudaoui (formés au Paradou AC, en Algérie, et évoluant à l’étranger) et seul Zinedine Belaïd est issu du championnat national avec un itinéraire de formation classique. Du coup, l’apport de la formation académique au sein de la sélection se situerait autour de 82%, dont celle étrangère est de 78%. A ce niveau-là, sans cet apport l’Algérie du football se retrouverait dans la difficulté et le cas italien est là pour interpeller tout un chacun sur l’importance de la formation de base, sérieuse et de qualité afin d’atténuer la dépendance à l’étranger.
– MOHAMED MALIK




























