
À un peu plus d’un mois de l’échéance fixée pour remettre sa liste définitive, Vladimir Petkovic entre dans la phase la plus délicate de sa préparation pour la Coupe du monde 2026.
Le sélectionneur national, à la tête des Verts, avance désormais dans un environnement où chaque détail compte, entre contraintes physiques, irrégularités de forme et dossiers disciplinaires encore ouverts. Dans ce contexte, le technicien suisse a choisi une ligne de conduite claire : le mérite sportif comme unique critère de sélection. Aucun statut n’est garanti, aucune ancienneté ne protège les joueurs en perte de vitesse. Cette rigueur s’applique à l’ensemble du groupe, à mesure que les prochaines semaines vont servir de filtre final avant la publication des listes officielles. Parmi les cas suivis avec attention, celui de Nabil Bentaleb illustre parfaitement la complexité des choix à venir. Le milieu de terrain du Lille OSC, malgré un passage récent par une opération légère et un épisode disciplinaire, reste dans les plans du sélectionneur. Son profil demeure précieux, surtout dans un secteur où les incertitudes sont nombreuses.
Milieu et attaque : des équilibres encore fragiles
Le secteur intermédiaire constitue l’un des principaux chantiers de Petkovic. Ismaël Bennacer, souvent freiné par des blessures à répétition, n’offre aucune garantie de continuité. Himad Abdelli, de son côté, peine à retrouver son meilleur niveau depuis son évolution à l’Olympique de Marseille, ce qui complique encore davantage les projections du staff technique. En attaque, la situation de Baghdad Bounedjah reste également sous observation. L’avant-centre d’Al-Shamal SC conserve une chance réelle de figurer dans la liste finale, mais à condition de terminer sa saison sur une dynamique positive et de stabiliser sa situation extra-sportive. Dans un groupe où la concurrence s’annonce intense, chaque détail comptera. Parallèlement, le staff médical suit de près les dossiers de Jaouen Hadjam et Samir Chergui, tous deux récemment revenus de blessures longues. Leur disponibilité ne garantit pas encore une pleine capacité physique, ce qui oblige le sélectionneur à rester prudent dans ses projections.
Une hiérarchie en recomposition dans les buts
Le poste de gardien constitue l’un des points les plus sensibles du moment. Les blessures simultanées d’Anthony Mandrea et de Melvin Mastil, tous deux forfaits pour le Mondial après intervention chirurgicale, ont profondément modifié la hiérarchie initiale. Cette situation laisse Petkovic avec une seule certitude : Luca Zidane, désormais installé comme référence numéro un. Derrière lui, la concurrence reste ouverte. Plusieurs profils sont à l’étude : Gaya Merbah (JS Kabylie), Farid Chaâl (CR Belouizdad), Alexis Guendouz (MC Alger) ou encore Zakaria Bouhalfaya (CS Constantine). Le cas d’Oussama Benbot (USM Alger) est également suivi de près, le sélectionneur envisageant même de tenter de le convaincre de revenir sur sa retraite internationale annoncée après la CAN 2025.
Une feuille de route stricte avant l’échéance mondiale
Le compte à rebours est désormais lancé. Petkovic dispose d’un calendrier précis pour finaliser ses choix. Le 13 mai 2026 marque la date limite pour transmettre à la FIFA une liste élargie de 35 à 55 joueurs. Les clubs devront ensuite libérer les internationaux au plus tard le 25 mai, avant la clôture définitive de la liste officielle, fixée au 1er juin (23 à 26 joueurs). Dans ce cadre strict, le sélectionneur joue une partie décisive. Son objectif est de bâtir un groupe cohérent, compétitif et capable de répondre aux exigences du très haut niveau. L’Algérie, logée dans un groupe relevé aux côtés de l’Argentine, championne du monde en titre, de l’Autriche et de la Jordanie, s’apprête à disputer sa cinquième participation à une Coupe du monde. Entre décisions fortes et équilibres délicats, Petkovic entre dans les 37 jours les plus déterminants de son mandat.
-DJAMEL OUAGLAL


























