La prestation majuscule d’Oussama Benbot de l’USM; Alger, contre le club marocain de Safi, dépasse le simple cadre d’une qualification continentale en CDC.
Elle relance, avec acuité, le débat sur la hiérarchie des gardiens de but en sélection nationale et place le sélectionneur Vladimir Petkovic face à une équation délicate à l’approche des prochaines échéances. Dans un contexte hostile et lourd, face à Olympique Club de Safi, le dernier rempart de USM Alger a livré une partition de très haut niveau.
Décisif dès l’entame avec une parade réflexe à la 5e minute, il a ensuite multiplié les interventions de classe (29e, 32e, 58e), écœurant les attaquants adverses et maintenant son équipe en vie dans un match à forte intensité émotionnelle. Impérial sur sa ligne, serein dans ses sorties, Benbot a incarné à lui seul la solidité défensive des Rouge et Noir. Cette domination dans sa surface a constitué le socle de la qualification. Car au-delà des chiffres, c’est bien son influence psychologique qui a pesé : chaque arrêt renforçait la confiance de ses coéquipiers, jusqu’à ce tournant dans le temps additionnel de la première période, lorsque Khaldi transformait un penalty libérateur.
La hiérarchie à revoir
Un avantage rendu possible par la résistance héroïque du portier usmiste, véritable mur infranchissable durant ce premier acte. La reconnaissance ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Confédération africaine de football a salué publiquement sa performance, diffusant une de ses parades spectaculaires sur ses plateformes officielles avec un commentaire élogieux : «Quel arrêt exceptionnel !». Une mise en lumière qui confirme que la prestation de Benbot a dépassé les frontières nationales.
Dès lors, une question s’impose : peut-on encore ignorer un tel rendement au plus haut niveau ? À l’heure où la concurrence est ouverte chez les Verts, les noms de Gaya Merbah, Farid Chaâl ou encore Lucas Zidane reviennent avec insistance. Mais aucun n’a, ces dernières semaines, affiché une telle régularité dans les matchs à forte pression. Certes, Benbot avait annoncé sa retraite internationale à l’issue de la CAN-2025. Une décision respectable, mais que ses performances actuelles invitent à reconsidérer, tant pour le joueur que pour le staff technique.
L’Usmiste va-t-il revenir ?
Dans une sélection où la hiérarchie des gardiens reste en construction, son profil d’expérience, sa forme du moment et sa capacité à répondre présent dans les grands rendez-vous constituent des arguments difficilement contournables. Pour Vladimir Petkovic, il ne s’agit plus seulement d’un choix sportif classique, mais d’une réflexion stratégique. Peut-il se priver d’un gardien en état de grâce, capable de faire basculer un match à lui seul ? La question mérite d’être posée, surtout à l’approche d’échéances majeures où chaque détail compte. En propulsant l’USMA en finale africaine dans des conditions extrêmes, Oussama Benbot a envoyé un message fort. Reste désormais à savoir s’il sera entendu du côté de la sélection nationale, où la hiérarchie au poste de gardien pourrait bien connaître un sérieux bouleversement.
-DJAMEL OUAGLAL



























