Un mois nous sépare désormais de la Coupe du monde 2026 qui sera, assurément, la plus grande de l’histoire en matière de sélections présentes, de nombre de pays et de villes hôtes, de prix inabordables et de polémiques en amont. Tout un programme !
Au pays du gigantisme, de Trump et du soccer, le monde célébrera dans un mois exactement le plus grand évènement sportif de l’année. Un tournoi planétaire que co-organiseront les Etats-Unis, le Canada et le Mexique mais dont la (très) grosse part reviendra aux USA. Elargie pour la première fois à 48 équipes, cette Coupe du monde comptera, ainsi, 104 rencontres dont la grande majorité, se jouera en Amérique, soit pas moins de 78 joutes.
Le Canada aura droit à « seulement » 13 matches, 7 à Vancouver et 6 Toronto, tout comme le Mexique qui accueillera le match d’ouverture dans le mythique stade Azteca, si cher aux légendes intemporelles Pelé et Maradona, en plus de 12 autres rencontres dispatchées entre la capitale, Guadalajara et Monterrey. Avec 11 villes hôtes (Atlanta, Boston, Dallas, Houston, Kansas City, Los Angeles, Miami, New York, Philadelphie, San Francisco et Seattle), les States espèrent, ainsi, renouveler la formidable édition de 1994, l’ambiance en dehors des stades en plus.
78 matchs aux USA sur un total de 104
Or, ce n’est pas gagné d’avance dans un contexte général peu propice à la fête avec, notamment, cette interminable guerre autour du détroit d’Ozmuz, une opinion générale défavorable et une colère populaire qui monte crescendo. D’autant plus que les premiers échos venant d’outre-Atlantique laissent que très peu de place au doute : cette édition 2026 sera -et de loin-la plus chère de l’histoire. Billetterie qui s’envole et qui atteint un seuil jamais soupçonné, poussant même Donald Trump à en rigoler sarcastiquement en jurant «ne pas en acheter à ce prix-là !», coût des transports urbains qui quintuplent pour rendre un simple trajet entre la ville et le stade au tarif d’un vol transfrontalier et une boulimie croissante des organisateurs à vouloir tout monnayer à prix d’or font, en effet, de ce Mondial en Amérique «l’édition des riches et de la Jet-Set».
Le scalp de l’Argentine, 44 ans après Gijon ?
Un tournoi auquel l’Italie ne prendra pas part, faute d’une campagne éliminatoire désastreuse et d’une Série A qui ne produit plus de talent, à l’inverse d’une Iran qualifiée haut la main, mais qui risque de déclarer forfait à tout moment en raison du conflit armé qui l’oppose aux hôtes américains et du non-sens géopolitique d’une telle présence sur le sol US. Pour avoir animé 4 finales lors des 7 dernières éditions, la France s’avancera, pour sa part, comme logique favori à la consécration finale, au même titre (peut-être) que le tenant argentin dont la méga-star absolue, Lionel Messi n’a pas encore définitivement tranché la question de sa participation ou non. Premiers adversaires de l’Argentine championne du monde, les Verts de Vladimir Petkovic retrouveront, le 16 juin, au Arrowhead Stadium de Kansas City.
Gigantisme et exotisme dans un été pas comme les autres
L’ambiance survoltée d’une Coupe du monde 12 ans après l’inoubliable épopée brésilienne et 44 ans jour pour jour après l’indélébile exploit de Gijon, quand la bande au magique duo Belloumi-Madjer terrassa l’ogre ouest-allemand au bout d’un combat de légende. Un incroyable clin d’œil de l’histoire qui devrait suggérer aux coéquipiers de l’icône Riyad Mahrez d’imiter leurs glorieux aînés et de créer «la» sensation de ce premier tour en surprenant l’Albiceleste de Messi. Car, si la génération 1982 a écrit sa légende en lettres d’or ce jour-là en battant les champions d’Europe en titre (1980), la cuvée 2026 peut très bien se frayer un chemin jusqu’à la gloire en dominant les champions du monde sortants (2022) et démarrer une incroyable aventure qui resterait, alors, dans la mémoire collective.
Les jeunes veulent écrire leur histoire
D’autant plus que, bien que pas encore nés à cette époque, les Maza, Hadj Moussa, Amoura et autres Bensebaïni et Gouiri pourraient même faire coup double en piégeant l’Autriche dans la foulée, pour refermer définitivement la plaie d’El-Molinon et faire un pas de géant vers cette nouveauté de seizièmes de finale ouverts à tous. L’exotisme qu’offrira l’autre match de poule face à la Jordanie, la présence de Curaçao, de Haïti, du Cap-Vert et de l’Ouzbékistan, les nouvelles règles d’arbitrage imposées par la FIFA pour accroître le temps de jeu ainsi que la triple cérémonie d’ouverture, en attendant la grande finale au MetLife Stadium et ses 218 suites de luxe promettent, comme bouquet indissociable, un lot indéfini d’émotions fortes dans un été pas comme les autres.
-RACHID BELARBI



























