Fils de l’ex-international algérien, Mesloub Jr. est-il hors de visée de la FAF ? Phénomène de précocité en France où il a marqué un but décisif pour Lens 11 secondes après sa découverte de la Ligue 1, Mzian Mesloub a déjà été «enrôlé» par la sélection portugaise.
La FAF peut-elle encore inverser la tendance et le convaincre de suivre les pas de son père ? C’est la touche romance de la belle histoire lensoise de cette fin de saison. A la recherche d’un succès qui validerait officiellement sa qualification en Champions League, le RC Lens a obtenu les trois points face au FC Nantes grâce à un jeune de son centre de formation qui a trouvé le chemin des filets pour sa toute première apparition à ce niveau. Tout juste entré en jeu, héritant du ballon transmis par Andrija Bulatovic dans la surface nantaise, Mezian Soares Mesloub, plein de sang-froid, ajustera le pourtant expérimenté Anthony Lopes du plat du pied et fait rugir tout un stade Bollaert, ébahi par tant de talent et autant d’audace. Outre sa précocité puisque né le 8 novembre 2009 en région parisienne, le milieu central a une autre particularité.
11 secondes pour l’Histoire
Méconnu du grand public jusqu’à cette fin de soirée du vendredi, le fils de l’ancien international Walid Mesloub a cette possibilité de représenter trois nations : la France, l’Algérie et la Portugal, grâce à sa mère. Et c’est justement la sélection portugaise qui l’a aimanté en premier puisque le jeune Mezian compte déjà 3 capes et un but chez les U16 ainsi que 5 sélections et 1 but chez les U17. L’aventure sous le maillot de la Seleção n’a, pourtant, débuté qu’en septembre dernier, à l’occasion d’un amical face à l’Italie, perdu en faveur des Azzuri (2-1) et c’est justement lui qui a réduit l’écart cinq minutes seulement après avoir été lancé dans le grand bain. Cette manie de s’illustrer pour ses débuts lui a, d’ailleurs, permis d’inscrire le but le plus rapide pour un joueur sortant du banc en L1 depuis 2006.
La FPF a deux coups d’avance
Agé de 16 ans et 181 jours, Mesloub est aussi et surtout le deuxième plus jeune buteur débutant dans l’élite après Cyril Cassèse avec Toulon en 1989 (16 ans, 172 jours). Une célérité saluée comme il se doit par son entraîneur, Pierre Sage, en conférence de presse. «Si on l’avait envisagé, on ne l’aurait jamais cru. J’ai surtout pensé à son papa. Parce que je me dis, un ancien joueur du club et actuel entraîneur adjoint de l’équipe réserve qui voit son fils rentrer, je pense qu’il a versé une petite larme. Dès qu’il touche le premier ballon, il marque. Il a peut-être versé une deuxième larme. Ce sont des larmes magnifiques et je pense qu’il peut être fier de son fils», s’enthousiasmait le coach lensois, avant de concéder que c’est «Jamal Alioui (Ndlr, son adjoint), qui m’a suggéré l’idée de l’appeler cette semaine».
«Walid peut être fier de son fils»
«C’est vrai que c’était évident au vu des performances qu’il fait avec l’équipe réserve. Et ce qui est génial au travers de tout ça, c’est que tous les éducateurs de la Gaillette étaient très heureux que ça se produise comme ça. Vous avez beaucoup de gamins issus du centre de formation sur le terrain. Ils ont été bons. Et l’un d’entre eux nous envoie en Ligue des champions. C’est une histoire vraiment belle. Ce but, il pourra le raconter à ses enfants, à ses petits-enfants. Bon, il n’a que 16 ans», en sourira même Pierre Sage. L’émotion était montée encore plus du côté de son père Walid (7 sélections entre 2010 et 2016), interrogé par Ligue 1+.«Aujourd’hui, je suis très très fier. J’étais très ému dès sa convocation, le voir sur le terrain fouler cette pelouse, le voir faire ça, très honnêtement, je n’étais pas prêt», a-t-il indiqué.
L’ancien Vert pourrait être un facteur X
« Je savais de quoi il était capable, je ne pensais pas qu’il allait être aussi précoce. Je suis très fier de lui en tant que papa, sa famille aussi. Il a été récompensé, même si on sait que le chemin est encore bien long, on va l’accompagner au mieux. Même lui ne réalise pas, même si je sais qu’il est très ambitieux, dès demain il va vouloir passer à autre chose.
On va le féliciter, c’est exceptionnel», a déclaré l’ex-joueur du RCL (2018-2020) aujourd’hui adjoint chez les jeunes du club. Nul doute, à ce propos, que ce qu’a vécu Walid Mesloub avec les Verts dictera le choix de son fils par rapport à la sélection algérienne. Mettre le Portugal en priorité devant la France et l’Algérie paraît, d’ailleurs, être la vérité du moment, en attendant que la FAF et ses émissaires fassent le nécessaire, auprès du jeune prodige et de sa famille paternelle pour qu’un tel joyau ne lui passe pas entre les doigts.
-RACHID BELARBI




























