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ALG : Petkovic, son œuvre, ses principes, ses déboires

RACHID BELARBI

Fortement pressenti pour succéder à Djamel Belmadi sur le banc de la sélection nationale algérienne, Vladimir Petkovic présente un profil assez singulier qui contraste particulièrement avec celui de son prédécesseur. Zoom sur quelques traits de caractère qui surprendront certainement plus d’un. PAR RACHID BELARBI

Avec comme principal fait d’armes celui d’avoir à qualifier la Suisse pour le quart de finale de l’Euro-2021, une première dans une grande compétition depuis le Mondial organisé à domicile en 1954, Petkovic n’a pas la réputation d’être un chasseur de titres. Preuve en est, avant de sortir la France de Didier Deschamps en 1/8ème après avoir été mené (1-3) et d’assurer une présence de la Nati en 1⁄4, la Suisse avait été éliminée en huitième de finale de l’Euro-2016 par la Pologne, aux tirs au but, et par la Suède (1- 0), en huitième de finale du Mondial-2018. « En plus d’être un modèle de longévité au pays des horlogers, et de régularité puisqu’il a toujours qualifié sa sélection pour les grandes compétitions et l’a sortie des phases de groupe, Vladimir Petkovic a apporté ambition, rigueur et confiance. Quel que soit l’adversaire, il refuse de croire la partie perdue d’avance, et prône un jeu tourné vers l’offensive et un pressing haut » écrivait-on, à son propos, dans les colonnes du quotidien suisse de référence, Le Temps à ce moment précis de sa carrière.

Jeu offensif, pressing haut

« J’ai toujours voulu produire un football globalement offensif, avec un comportement défensif basé sur l’anticipation et les placements préventifs, et l’ambition de récupérer le ballon haut dans le terrain », confiait-il, d’ail- leurs, au même quotidien qui mettait en exergue le fait que Vladimir Pet- kovic veut « bien jouer » tout en misant énormément sur la solidarité, le mental de ses joueurs et leur envie de franchir, collectivement, un nouveau palier. « Nous connaissons nos points forts. Contre la France, si on donne 100%eteux100%, ça ne suffira pas, alors il faut dépasser nos limites, être à 120 % et espérer que la France sera quelques points en-dessous de 100 % », avait-il, à ce propos, expliqué avant d’affronter et d’éliminer les champions du monde 2018. Cet exploit ne lui a, cependant, pas trop aidé à embellir son image de marque, lui qui n’a jamais fait l’unanimité en Suisse. « Petkovic a réussi ce que personne n’avait fait encore avant lui à son poste : deux qualifications consécutives pour des huitièmes de finale, à l’Euro-2016 et au Mondial-2018.
Et pourtant, rien ne lui est pardonné. Toujours ce doute sur ses capacités », faisait remarquer le journal 24 heures, en 2018.

Une communication atypique

Les médias locaux lui reprochent notamment sa froideur et sa méthode de communication jugée défiante. Voire son absence de communication, puisqu’il avait refusé de venir s’expli- quer au lendemain de l’élimination contre la Suède au Mondial-2018. Quelques années plus tôt, peu après avoir été désigné sélectionneur national, le quotidien de langue allemande Blick avait vertement critiqué sa décision de s’exprimer prioritairement en italien devant la presse. Une langue parlée par moins de 10 % de la population du pays, mais qu’il affectionne vu qu’il habite dans le Tessin, où il avait exercé, en parallèle du foot- ball, le métier de travailleur social chez Caritas dans les années 1990. Outre ses principes tactiques et sa communication atypique, «V’lado» n’hésite, en outre, pas à saisir l’opi- nion publique lorsqu’il a un message précis à adresser. C’est ainsi qu’aux lendemains d’un nul décevant face au Pays de Galles en ouverture (1– 1) de l’Euro-2021 et une cinglante défaite contre l’Italie (0-3), Petkovic a décidé à écrire une lettre ouverte « à la nation » afin de tenter de faire redescendre la pression autour de la sélection et d’éteindre une grosse polémique née de la présence d’un coiffeur convoqué par certains joueurs dans la bulle sanitaire ou encore au sujet de l’hymne national non chanté par les binationaux avant les matches.

Lettre à la nation

Dans cette lettre ouverte et « émouvante » publiée dans le journal «Zvikra ne vikend», il s’est adressé aux Suisses en général pour qu’ils soutiennent l’équipe. Il s’est excusé pour les mauvais résultats, tout en écrivant qu’ils ont fait de leur mieux, mais que la pandémie a également eu un impact négatif. «Nous sommes des gens qui essayons de répondre aux demandes, mais malheureusement, nous n’y parvenons pas toujours. Nous sommes comme une grande famille dans laquelle il y a des heurts, des malentendus, puis on parle et on clarifie tout. Nous nous embrassons et ensemble nous sommes prêts à atteindre nos objectifs. Contre l’Ita- lie, nous n’avons pas réussi à vaincre un adversaire fort. Dans la dernière chance, avec des améliorations, nous devons apporter la bonne orientation tactique, notre validité et nos vertus telles que la solidarité, l’identifica- tion, la satisfaction et le respect », avait notamment écrit, entre autres, Petkovic avant le match décisif contre la Turquie, finalement remporté (3–1).

Un passage catastrophique à Bordeaux

La dernière expérience sur un banc du futur patron technique des Verts a, en outre, tourné à la catastrophe industrielle. Bien qu’il émargeait à quelque 280 000 euros mensuels, Petkovic a presque à lui tout seul conduit un monument du football français, les Girondins de Bordeaux, en Ligue 2 ! Limogé en février 2022, il avait laissé Bordeaux 19e de L1, avec la plus mauvaise défense (58 buts encaissés). Pire, puisqu’en 23 journées sur le banc, il n’avait remporté que quatre matchs, soit le plus faible ratio pour un entraîneur girondin depuis 52 ans ! En parallèle à ce désastre sportif, Petkovic a failli couler également les finances du club, déjà dans le rouge, en réclamant pas moins de 13,5 millions d’euros (charges sociales comprises) pour les deux ans et quatre mois de contrat qui lui restait. L’affaire est toujours en cours étant donné qu’aucune date n’a été fixée à ce jour.

RACHID BELARBI

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