
Qui se souvient de Abdelkader Ben Bouali ? Certainement ceux qui ont eu entre les mains le livre : «La fabuleuse histoire de la Coupe d’Afrique du Nord -Les carnets secrets de la Mauresque 1930 – 1956» co-écrit par AB. Lahouari et Nazim Bessol. Pour ces deux auteurs, après avoir effectué des recherches pour le compte de cet ouvrage, ils ont fait une découverte qui met en lumière ce joueur.
Ce n’est pas le brillant Abdelaziz Bentifour, l’attaquant de Nice et de la glorieuse équipe du FLN qui a figuré pour la première fois sur la liste des sélectionnables en équipe de France pour le Mondial 1958, tout comme son coéquipier, l’élégant Mustapha Zitouni, mais bel et bien, Abdelkader Ben Bouali ( à gauche de notre photo). Celui-ci était parmi les joueurs qui ont disputé le Mondial 1938 sous les couleurs de l’équipe de France, en compagnie des Pieds-Noirs, Mario Zatelli, Jean Bastien.
Abdelkader Ben Bouali, originaire de Chlef, était lycéen à Alger lorsqu’il a signé une licence junior (18 ans) au Racing Universitaire d’Alger (RUA), l’une des meilleures équipes d’Afrique du Nord des années 1930. Il fut le premier musulman algérien à soulever le trophée nord-africain lors de l’édition 1936-1937. Son coéquipier Maurice Faglin dont le frère a été le trésorier du MC Alger, le décrit comme «un défenseur d’une taille moyenne mais doté d’une double détente exceptionnelle».
Il n’est resté qu’une année au RUA avant d’être recruté à 20 ans par la meilleure équipe française de l’époque, l’Olympique de Marseille aux côtés de l’attaquant sétifien Mario Zatelli, de Emmanuel Aznar de Sidi- Bel-Abbès, du milieu de terrain oranais Jean Bastien. Une fois sa carrière terminée en 1946 avec un riche palmarès (championnat de France et coupe de France), il est rentré au pays pour servir la Révolution algérienne. Il est arrêté par l’armée coloniale et emprisonné dans un camp du côté de Chlef.
Abdelkader Ben Bouali a dû son salut à un jeune officier de l’armée française alors qu’il était sur la liste de la «corvée de bois», ceux que l’on assassine sans aucune forme de jugement. Ce militaire lui avait demandé s’il avait un lien de parenté avec le joueur de Marseille parce que très jeune, son père l’emmenait au stade Vélodrome. Et que Ben Bouali était son préféré… En 1947, l’ex- défenseur du RUA et de Marseille termine sa carrière au Wydad Casablanca. Puis il tourne le dos au monde du football et décède à Alger en 1997, dans la plus totale discrétion.
– AB. LAHOUARI






























