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CHAN : Le mur des lamentations pour Fouzi Lakjaa

NAZIM BESSOL

Quoi de plus normal ! L’indépendance ou l’autonomie des instances sportives internationales s’incline devant la souveraineté nationale. La politique, il en a toujours été question, bien avant la rupture des relations diplomatiques entre l’Algérie et le Maroc. L’arrivée du milliardaire sud- africain, Patrice Motsepe, à la tête de la CAF n’est que le fruit de grosses interférences et ingérences politiques au plus haut niveau, suscitées par le président de la FIFA, Gianni Infantino. N’a-t-il pas sillonné l’Afrique à la recherche de soutien présidentiel (Rwanda, RD Congo, Mauritanie, Guinée, Sénégal, Côte d’Ivoire…) pour libérer le chemin de la cité du 6-Octobre du Caire à son poulain ?

Un travail conclu le 12 mars 2021 par le très contesté pacte de Rabat, où la distribution des postes et des titres avait abouti à l’exclusion de l’Algérie. La contre-partie a été la trahison par un témoignage à charge de Fawzi Lekjaa (document publié par Botola le 10 mars 2021). Le Marocain remportait un des deux sièges de la zone au Conseil de la FIFA. Sa nomination en tant que ministre délégué au budget du roi n’a pas non plus posé problème à la FIFA ni à la CAF, qui ont préféré jusque-là fermer les yeux sur sa fonction gouvernementale.

La Fédération royale marocaine de football (FRMF), passée maître dans l’art de la manipulation et la victimisation, a contesté dans un communiqué un «discours provocateur et surréaliste qui a bafoué le règlement régissant l’organisation des manifestations footballis- tiques sous l’égide de la Confédération africaine de football». L’instance et le gouvernement dans lequel siège Fawzi Lekjaa, dont on ne sait à quel moment il troque son costume de ministre pour celui de président de Fédération, fait mine d’occulter la cérémonie d’ouverture du CHAN- 2018. A moins que la mémoire du Royaume vacille. Et donc, un bref rappel ne peut être que le bienvenu.

La chanteuse Jannat Mahid n’avait-elle pas interprété une chanson à la gloire de la colonisation du Sahara occidental, alors que les Nations Unies ne reconnaissent pas la souveraineté du Maroc dans ce territoire ? Une année plus tard, le coup d’envoi des Jeux africains de la Jeunesse 2019 n’avait-il pas été lancé avec la chanson «Nida Al Hassen», un champ à la gloire de l’occupation des territoires sahraouis ? En 2020, la FRMF avec le soutien de l’ancien président banni de la CAF, Ahmad Ahmad, n’avait-elle pas déplacé la CAN du Futsal dans la ville occupée de Laâyoun ?

Fort heureusement, les forces du progrès du continent, dont l’Afrique du Sud et l’Algérie, ont bloqué la célébration du 63e anniversaire de la création de la CAF et une réunion du Comité exécutif de la CAF que le Maroc voulait imposer dans les territoires occupés. Cet échec sera suivi de bien d’autres. Aujourd’hui, le forfait du Royaume au CHAN montre tout son désarroi et a pour tout arme le mur des lamentations, alors que l’Algérie a reconquis son rang perdu. Elle est redevenue la mère de la diplomatie sportive, qui a débuté dès 1958 à travers la glorieuse équipe du FLN et a retrouvé son dynamisme et son ingéniosité. Allah yahfad El Djazaïr !

NAZIM BESSOL

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