
On l’imagine devant son calepin, entouré de ses petites notes prises ici et là, et celles transmises par ses collaborateurs, jetant un coup d’œil par-ci puis un autre par-là. Il passe en revue des images de matchs, tout en regardant la montre pour voir si le coup d’envoi des rencontres des internationaux approche ou pas. Il doit se programmer pour voir au moins un ou deux matchs, et laisser le soin à ses autres adjoints d’en suivre d’autres, surtout le week-end où la compétition s’empile. En attendant, il passe un coup de fil pour demander une information un peu plus précise, sans oublier de jeter un œil sur son micro-ordinateur dans sa quête de renforcer un choix.
Oui, on est en mai et c’est le mois des choix que doit faire Vladimir Petkovic, le sélectionneur national des Verts au même titre que les 47 autres coachs des sélections participantes au grand rendez-vous mondial du football. Et si la première liste, celle qu’on appelle élargie pouvant compter de 35 à 55 joueurs est plus abordable à établir et dont la date limite est arrêtée pour le 13 mai, celle définitive devra, elle, tomber avant le 1er juin 2026, date de sa transmission à la FIFA. Cette dernière peut compter 23 à 26 joueurs, sachant qu’au passage, les clubs sont appelés à libérer leurs éléments le 25 de ce mois.
D’ores et déjà, on sait que Vladimir Petkovic va opter pour 26 joueurs, soit le maximum pour se donner toutes les possibilités autour de l’effectif qu’il aura à choisir, avec la sempiternelle hantise des blessures de dernière minute, une situation souvent vécue par les sélectionneurs à l’approche des grands événements. Devant cet exercice, cet examen de conscience, où il est pratiquement interdit de se tromper, ou de céder à des paramètres subjectives, aux sentiments, aux états d’âme voire à des influences ou pressions extra- sportives, le sélectionneur national sera seul devant ses responsabilités, tout comme ses choix qu’il aura à défendre devant l’opinion et les médias.
Il est quasi clair que certains noms sont faciles à cocher sur son calepin, alors que d’autres le sont moins. Il y a ceux qu’on aurait souhaité avoir sous la main, quant à d’autres, les gribouiller relève d’une longue réflexion, et parfois d’un arbitrage. Une concertation avec les plus proches adjoints, et pourquoi pas le président de la fédération et la DTN si cela s’avère nécessaire. Parallèlement, les médias et réseaux sociaux sont scrutés par les uns et les autres, même si le sélectionneur se défend d’en être un adepte de peur d’être intoxiqué par les flux d’informations et quelques fakes, qui chahuteraient ses choix qu’il voudrait précis et chirurgicaux sur la base de données réelles et évidentes.
Vladimir Petkovic est finalement, comme ses élèves et étudiants face à leur examen de fin d’année, où il n’a pas à se rater, un peu moins sur l’écrit (la liste), mais surtout pas sur l’opérationnel (le résultat du terrain).
– MOHAMED MALIK






























