
La fédération algérienne de football possède ce don inouï de frustrer les supporters des clubs algériens, comme c’est le cas à l’occasion des trois rencontres (demi-finales et finale) du système des play-offs instauré cette saison pour désigner le troisième promu de la Ligue 2 amateur au championnat de Ligue 1 professionnelle.
Annoncés en grandes pompes avant le coup d’envoi de la saison 2025/2026 pour, nous dit-on, augmenter l’intérêt et créer davantage d’engouement et de suspense au sein de la Ligue 2, voilà que la fédération décide de faire jouer les matches des Play-offs : USM El-Harrach – US Chaouia
(au Miloud-Hadefi d’Oran) et CA Batna – CR Témouchent (au Nelson-Mandela de Baraki), ainsi que la finale, prévue au Hocine-Aït- Ahmed de Tizi-Ouzou, sans la présence du public. Or, sous d’autres cieux (Angleterre, France…), le foot est à la fête avec ce genre de rencontres.
Du coup, on est passé des Play-offs, synonymes d’euphorie et d’ambiance dans les gradins, aux play-bof ! Pourtant, aux pages 54 et 55 du rapport portant « Bilan moral de l’exercice 2025 », présenté et adopté lors de la dernière assemblée générale ordinaire (AGO) du 11 avril 2026, on peut lire explicitement : «Hormis la Ligue1 professionnelle, plusieurs compétitions souffrent d’un manque d’intérêt du public. Les stades sont souvent vides et les recettes quasi inexistantes, ce qui affecte l’image globale du football national».
Puis de lire également, au chapitre relatif aux raisons justifiant le changement du système de compétition : «Le renforcement de l’attractivité : un système plusdynamique, intégrant éventuellement des phases finales (play-offs / play-downs) ou des championnats régionaux, pourrait accroître l’intérêt du public, des médias et des partenaires économiques».
Cependant, avec le déroulement de ces trois rencontres à huis clos, les clubs sont quasi perdants sur le double plan sportif et financier, puisque les trois enceintes (Nelson-Mandela, 40 000 places ; Miloud-Hadefi, 40 000 places ; et Hocine-Aït-Ahmed, 50 000 places) resteront malheureusement vides, soit un manque à gagner terrible, aussi bien pour les gestionnaires de ces dernières que pour les clubs, soumis à chaque fois à diversifier leurs sources de financement.
Quant aux supporters, ils seront privés de trois affiches où ils auraient pu mettre une grosse ambiance, poussant leurs protégés jusqu’au bout de l’effort, sachant au passage que, quand les organisateurs le veulent, ils peuvent. Tout le monde l’aura constaté lors de la dernière finale de la Coupe d’Algérie ayant opposé le CR Belouizdad à l’USM Alger, où même le volet sécuritaire – argument avancé par certains – a été parfaitement géré.
Pourquoi ce n’est donc pas le cas pour ces trois matches des play-offs et leurs retombées sur tous les plans ? La question restera entière et longtemps posée. Quant à la question relative à la représentativité territoriale, on y reviendra car, si l’USM El-Harrach parvient à accéder, ils ne seront pas moins de six clubs de la capitale (soit 37,5 %) qui animeront la prochaine saison 2026/2027, avec dix derbies en aller et retour. Tout un débat en perspective. Mais tant que c’est l’État qui régale…
MALIK MOHAMED






























