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ALG : Amar Bahloul : « Le résultat de l’audit est dans la rue »

YANIS. B

Ceux qui étaient à l’écoute de l’émission « football magazine » de la radio nationale Alger Chaîne III vendredi matin, animée par le directeur de l’information Maâmar Djebbour, sont sous le choc. Des révé- lations stupéfiantes si elles s’avéraient exactes, elles pourraient interpeller les plus hautes instances du pays.
– ITW REVISITE PAR YANIS B.

Invité de l’émission, l’ancien vice-président de la Fé- dération algérienne de football (FAF) et président sus- pendu de la Ligue régionale de Annaba, Amar Bahloul, est revenu sur le communiqué publié par Dely Brahim (21 février) qui lui infligeait une suspension définitive, avant d’être modifié pour inclure une proposition de radiation du monde du football. Ainsi, il a donné sa version des faits, tout en annonçant avoir saisi le Tribu- nal algérien de règlement des litiges sportifs (TARLS). Un préalable à d’autres procédures à l’international qu’il n’exclut pas. « Cette fédération n’a pas respecté ses propres statuts. Elle a choisi d’ignorer toutes les règles et les procédures. Le BF n’a nullement la compétence de prononcer des sanctions et encore moins, sans auditionner les personnes. Cela relève de la Commission juridictionnelle qui doit statuer en toute indépendance avant de soumettre ses conclusions à l’As- semblée générale, qui est l’organe souverain, article 36 des statuts, ce qui n’est pas le cas ».

«Une commission de l’audit fictive »

A une question de Maâmar Djebbour sur un des points sombres de sa suspension, Amar Bahloul a relevé les transgressions et les mensonges : « La commission d’audit dont parle le communique de la FAF est fictive. Elle ne s’est jamais déplacée à la Ligue régionale de Annaba. Elle n’est jamais rentrée en contact avec moi. Si l’audit a été fait, soi-disant, à mon insu, je ne sais pas qu’est-ce qu’ils ont mis dans le rapport. Au jour d’aujourd’hui, je ne sais pas exactement les motifs, les raisons, ou bien les fautes que j’ai commises ou encore les griefs retenus contre moi et qui sont contenus dans le rapport de la commission supposée commission d’audit ».

« Qui va présenter mon bilan moral et financier ?»

L’ex-vice-président de la fédération s’est alors longue- ment attardé avec moult détails sur la première réunion du 23 octobre entre la nouvelle fédération et les présidents de ligues régionales. « J’ai eu l’occasion de présenter un bilan financier certifié par un commissaire aux comptes, période allant du 1er janvier jusqu’au 30 septembre. J’avais anticipé en faisant certifier par un commissaire aux comptes. Ce qui est surprenant, c’est que maintenant ils vont faire une Assemblée générale ordinaire… en l’absence du premier responsable statutairement qui va présenter le bilan moral durant toute l’activité des dix mois ? Or, aucune personne ne peut présenter ce bilan moral et financier devant l’Assemblée générale, parce qu’aucune personne ne peut prendre la responsabilité de répondre à la moindre question qui sera soulevée.»

L’affaire des Ligues régionales

Une des accusations que l’on a tenté de coller à Amar Bahloul est celle de la Ligue de Annaba alors qu’il était responsable des Ligues sous la présidence de Zetchi Kheïreddine « On a fait plusieurs audits. On ne les a pas faits à l’insu des présidents ou des membres de la Ligue qui n’ont pas été suspendus provisoirement. Ils ont été faits en leur présence parce que les auditeurs pouvaient demander [des éclaircissements, NDLR] auprès d’un premier responsable qui est le président de Ligue. Celui de Bouira, il était même membre du bureau fédéral avec nous, de Constantine, de Annaba… Dans le cas de Annaba, on a auditionné le président et les membres concernés. Après, on l’a invité autour d’un café au Bureau fédéral restreint. On lui a remis le rapport avec tous les résultats des audits sur tous les
plans : administration, finance, arbitrage. Et on lui a garanti ses droits», souligne Amar Bahloul.

Le travail de la Commission de l’éthique

Une telle procédure atterrissait automatiquement sur le bureau de la Commission de l’éthique statutaire- ment compétente pour la qualification des faits et pour prononcer toute sentence selon l’ancien vice-président de la FAF. « C’est à partir de là qu’on transmet en fin de compte le dossier à la commission juridique compétente, qui est la commission juridique, c’est elle qui évalue le degré de la faute et remet le dossier au bureau fédéral. Et il lui appartient de se prononcer conformément à l’article 36 pour transmettre le dossier local devant l’Assemblée générale qui, au dernier lieu, décide définitivement de la sanction, ou bien l’adoption de la sanction, ou bien la levée de la suspension », indique-t-il.

« J’ai saisi le TARLS et le MJS »

Des manquements qui poussent l’ex-président suspendu de la Ligue régionale de Annaba à réagir d’autant que la fédération ne lui a absolument rien transmis ni avant et ni après la publication du communiqué réécrit à deux reprises annonçant sa suspension et la proposition de radiation. « De toute façon, j’attends toujours… je n’ai rien reçu. C’est pour cette raison que j’ai déjà entamé des procédures », précise Amar Bahloul, avant de poursuivre : « De toute façon, je ne vais pas me taire. Je défendrai mon honneur et l’honneur de toute la famille par tous les moyens légaux. Je suis un citoyen algérien avec des obligations et des droits. J’ai servi le football 30 années, sur le plan local et international. N’oubliez pas (s’adressant à Maâmar ndlr-), que j’étais à deux voix pour être membre du Comité exécutif de la CAF. Parmi les cinq commissaires FIFA qui ont eu l’honneur d’encadrer les matchs auto-qualificatifs de la Coupe du Monde- 2022… J’ai déjà déposé un recours auprès du TAS (algérien). L’audience est fixée le 18 mars. J’ai saisi le ministère de la Jeunesse et des Sports. Et j’ai demandé une en- quête pour au moins être entendu, au moins pour être auditionné», peste Amar Bahloul.

« Des conclusions fuitées, dans ka rue… »

L’enfant de Tarf explique non sans gravité qu’il a appris une partie des griefs qui lui sont faits par les réseaux sociaux sans jamais être notifiés par la fédération ni ses organes juridictionnels. « J’ai appris les griefs retenus dans la rue, par un youtubeur au lieu de les avoir par la fédération… ». Face à l’étonnement de son intervieweur, Amar Bahloul martelle avec force répétition « oui j’ai appris ça par un youtubeur, oui, dans la rue… Oui, j’ai appris les chiffres, les dépenses, par une vidéo qui a été montée (?!)… j’ai appris les griefs retenus par un youtubeur, ce qui signifie que l’information est dans la rue. Le résultat de l’audit est dans la rue. Et ce n’est pas normal ».

« C’est un règlement de compte »

Interrogé sur une quelconque impression d’un règlement de compte, Amar Bahloul s’est montré catégorique « Oui, c’est clair. C’est clair maintenant, c’est confirmé, c’est un règlement de compte. C’est clair, et j’aurai l’occasion de démasquer tout ce complot. J’ai toutes les informations ». Mais, Amar Bahloul place la barre très haut. Pour lui, il s’agit d’une violation au droit à la défense. « Un droit constitutionnel consacré par la loi de la République et par la Constitution. C’est insensé. Qu’est-ce que ça veut dire ? Même un criminel qui commet un crime prémédité, on lui donne le droit d’aller à la Chambre d’instruc- tion et on le juge en plénière. Imaginez, en football, tout ce que j’ai donné, ils ne peuvent même pas me convoquer ou transférer mon dossier à la commission d’éthique, pour au moins répondre aux accusations soi- disant constatées », conclut l’ancien membre du BF.

YANIS.B

L’auteur de la reprise de l’ITW a revisité certains passages compte tenu de la nuance parfois entre la parole et l’écrit.

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