
«On l’appellera … » Un débat passionné s’en suivit dans un local exigu de la Rue Er- Rouaz où il était interdit de fumer. Un local mis à la disposition de l’assistance pour la création d’un club de football. Les principaux organisateurs de cette réunion, tendance Cheikh Ben Badis et MTLD de Ferhat Abbès s’étaient réunis pour former le premier comité directeur et permettre aux jeunes de s’adonner dans un cadre réglementaire au football et plus tard au cyclisme, la boxe, le judo …encadrés par des nationalistes de la première heure. Une initiative suscitée et encouragée lors d’un meeting au village par le leader politique Ferhat Abbès qui a créé en cette année, le parti de l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA).
La réunion de la rue Er- Rouaz s’est terminée très tard dans la soirée mais à la place Thiers et au café du «Kabrane», les sympathisants ont attendu patiemment le résultat des débats qui finalisait enfin le nom du club et ses couleurs : Rouge et Blanc parce que «le Vert était déjà porté». Le lendemain, chaque rue faisait une ‘’ouaâda’’. Les jeunes du village qui signaient soit à l’USM. Oran, soit à l’Espérance (EMO) soit à l’ASM. Oran, installés à Mdinet J’dida (le village commerçant limitrophe), pouvaient s’adonner à leur sport favori avec
le rêve secret de porter les couleurs de l’USM. Oran, le premier club musulman d’Afrique du Nord à enlever un titre de champion de division d’honneur (1933). Il était composé de six voire sept joueurs du village avec Mokhfi Safa dit «polici», EzzineMiloud…
Depuis cette création un 14 mai 1946, ce club de village est devenu un quartier et une fierté de toute une région. Pourtant, il ne porte pas son nom parce que ses créateurs ont choisi la ville aux deux lions, malgré quelques réticences. «Notre ambition est de devenir plus célèbre que l’USM. Oran que nous respectons mais qui nous prend nos meilleurs enfants. Cependant, nous les encouragerons toujours à jouer dans d’autres clubs s’ils leur garantissent un emploi», avait déclaré un des membres fondateurs et moudjahed, Hadj Bessol Mohamed tout juste âgé de 25 ans. En 1956, le FLN ordonne le retrait des clubs musulmans alors que depuis deux ans, le peuple algérien mène une lutte de libération contre le colonialisme français. Le quartier paiera un lourd tribut avec plus de deux cents morts dont 50 joueurs et dirigeants (sources de l’historien Freha Mohamed et de AB. Lahouari).
Au fil des années, ceux qui ont survécu et qui ne sont plus aujourd’hui de ce monde sont restés très attachés à leur club. Les supporters les appelaient affectueusement «Sehab El Hsira» . C’est à eux que Botola rend
hommage à travers ce modeste témoignage sur un 14 mai 1946 qui vit le Mouloudia des Hamraoua (MC Oran) voir le jour. Il y a quatre- vingts ans.
YANIS. B






























