
Le Mondial-2026 approche à grandes enjambées, tel un rouleau compresseur qui écrasera tout sur son passage avec son gigantisme à l’américaine et des records à la pelle : 48 équipes, 12 groupes, 104 matchs, 37 jours, 3 pays, 16 villes et… plus de 11 milliards de dollars de revenus prévus pour la FIFA. Les chiffres balancés tous les jours sur cette Coupe du monde, où le pays de l’Oncle Sam s’est accaparé la plus grosse part du gâteau en accueillant 78 matchs (soit 75 %), ne laissant que des miettes à ses deux voisins avec 13 rencontres chacun, toutes du premier tour, alors que la phase à élimination directe se déroulera entièrement sur le territoire américain, affolent la planète.
À commencer par le billet de la finale au MetLife Stadium, annoncé à plus de 11 000 dollars, alors que pour le match d’ouverture des États-Unis à Los Angeles, les prix débutent, dit-on, à 2 735 dollars. De quoi pousser tous les observateurs et amoureux du ballon rond à affirmer que cette Coupe du monde 2026 sera celle des millionnaires et des milliardaires. Et ce n’est pas le coup de«bluff»de la FIFA, qui consiste à céder quelques billets à 60 dollars, qui fera changer la donne, malgré les pressions des associations de supporters, notamment la Football Supporters Europe (FSE), qui a saisi la Commission européenne pour dénoncer la gestion de la billetterie.
D’autant que quatre ans auparavant, au Qatar, et malgré toutes les polémiques qui ont précédé l’événement ainsi que la pression des ONG au sujet des travailleurs morts sur les chantiers des stades et autres infrastructures, la réussite a été pratiquement totale sur un minuscule territoire. Et à des coûts abordables,
même si la demande avait été très élevée. Évidemment, pas autant que celle annoncée par Gianni Infantino, évoquant 500 millions de demandes de billets reçues en un mois, mais le Mondial-2022 avait préservé son engouement populaire.
Pour un supporter qui voudrait faire le voyage à Kansas City et à Santa Clara, entre les billets d’avion qui ont explosé à cause de la guerre au Proche-Orient et de la flambée du prix du kérosène, le visa d’entrée presque inaccessible, l’incontournable caution de 15 000 dollars, le vol entre les deux villes, l’hébergement et tous les autres frais, le projet paraît chimérique. Il faudra alors compter sur la diaspora algérienne installée aux États-Unis et en Europe. Cette dernière aura davantage de facilités, du moins pour une certaine catégorie, pour supporter le poids du déplacement et surmonter tous les obstacles et autres restrictions imposées par les autorités fédérales américaines. Ce traitement de « défaveur » n’a, pour le moment, pas fait réagir les fédérations et les autorités des pays concernés afin de permettre aux supporters algériens, et même africains, de faire le voyage en Amérique.
– MOHAMED MALIK






























