L’expérience en Roumanie aura finalement tourné au fiasco pour l’attaquant international algérien, Islam Slimani, libéré par son club de Cluj.
A deux mois du Mondial, le recordman des buts en sélection nationale se dirige, doucement mais sûrement, vers une fin de carrière dans l’anonymat d’un championnat mineur. L’annonce a été faite hier par son désormais ex-club employeur. «Le CFR 1907 Cluj et l’attaquant Islam Slimani ont trouvé un accord pour mettre fin à leur collaboration», indiquait sobrement le club roumain, avant de préciser que «sous le maillot de (notre) équipe, Slimani a disputé 16 matchs, marquant un but et délivrant deux passes décisives». N’omettant pas non plus de le «remercier pour son travail au sein de (notre) club», le FC Cluj a, pour conclure, tenu à «lui souhaiter beaucoup de succès». Une communication simple et un langage d’usage pour annoncer ce qui a tout d’une erreur de casting et d’un échec sportif monumental qui ternit, osons le dire, la fin de carrière de cet attaquant de niveau international.
Cluj n’en voulait plus
D’autant plus que ledit club ne couve aucune crise et aurait assurément pu se passer d’une telle annonce à ce moment précis de la saison ! Surtout s’il est pris en considération que le FC Cluj dispute les play-offs du championnat roumain desquels il est en tête après avoir atomisé dimanche l’Université de Craiova (4-0). De cette seconde phase du championnat, l’ancien avant-centre du Chabab de Belouizdad n’a, en fait, disputé que deux minutes, restant sur le banc face au FC Rapid avant de sauter carrément de la liste des éléments convoqués à l’occasion des rencontres face à l’Université de Craiova et du Dinamo de Bucarest.
En saison régulière, il avait déjà perdu sa place aussi bien dans le onze que parmi les remplaçants qui entraient en jeu dès le mois de février, enchaînant quatre rencontres (Hermannstadt, Petrolul, Farul et Dinamo) sans la moindre seconde sur l’herbe en se contentant de regarder ses autres coéquipiers jouer.
Enième erreur de casting
Une situation qui laissait déjà croire à une fin plus rapide que prévu, concrétisée dans les faits par une déclaration de son patron technique Bogdan Mara à la chaîne roumaine Fanatik il y a quelques semaines. Ledit technicien s’était, en effet, montré extrêmement prudent au sujet de l’avenir de l’avant-centre international. «Nous ne savons pas encore. Nous préparons progressivement notre stratégie pour l’été.
L’hiver a été difficile et compliqué pour nous. Il y a certaines choses que nous savons déjà et que nous préparons afin d’avoir une équipe plus homogène et plus forte la saison prochaine», avait-il lâché sans ambages. Le pari de Slimani de reculer d’un cran pour mieux sauter tombait à l’eau et son rêve assumé de privilégier cette aventure en Europe de l’Est à hauteur de 5 000 euros mensuels juste pour maintenir la flamme et garder un mince espoir de disputer une seconde Coupe du monde se brisa, finalement, en mille morceaux.
8 pays, 13 clubs différents
Désormais sans club et à 38 ans, on voit mal comment le champion d’Afrique des nations 2019 avec les Verts pourrait rebondir, mais surtout où il pourrait le faire après avoir déjà écumé 8 championnats (Algérie, Portugal, Angleterre, France, Turquie, Brésil, Belgique et Roumanie) et porté les couleurs de 13 clubs différents (Belouizdad, Sporting Lisbonne, Leicester City, Newcastle, Fenerbahçe, Monaco, Lyon, Brest, Anderlecht, Curitiba, Malines, Westerlo et Cluj) ! Plus que jamais à l’heure de la retraite sportive, le meilleur artificier de la sélection nationale (45 buts en 104 capes) semble avoir épuisé tout son crédit après une carrière qui se sera, mine de rien, étalée sur 17 ans au plus haut niveau.
-RACHID BELARBI

























