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CAN : La défaite des Verts n’est pas le problème, mais la manière

MOHAMED MALIK

La Coupe d’Afrique des nations est terminée depuis une semaine pour les Verts, mais pas pour les supporters qui continuent à débattre jusqu’à non en finir. En faisant appel à l’intelligence artificielle, voici la conclusion de ce qu’ils en pensent. Sans filtre.

Sur les réseaux sociaux ça a vraiment chauffé depuis l’élimination de l’équipe nationale en quart de finale face au Nigéria (0 – 2). La désillusion est palpable après l’espoir semé par les coéquipiers de Ryad Mahrez avant d’affronter les Super Eagles, où, en dépit de l’arbitrage et d’un penalty flagrant non sifflé, ils sont passés complètement à côté de leur sujet.

Le doute s’est alors (ré)installé et les critiques à l’endroit du sélectionneur, pour ses choix et sa gestion, et de la fédération algérienne de football, pour son faible management et pour n’avoir pas su protéger l’équipe, sont tombées telle une avalanche.

Ainsi, après avoir écouté l’avis des vrais spécialistes et des médias, tous supports et niveaux confondus, c’était au tour des supporters et autres suiveurs sur les différents réseaux sociaux (YouTube, Tik-Tok, Facebook essentiellement) de s’exprimer en faisant passer toutes les réactions ‘’brutes’’ par l’Intelligence Artificielle (IA) afin d’en tirer les conclusions.

Il en ressort un déroulé de constats et d’avis qui méritent une attention, surtout en absence d’un véritable bilan fait et communiqué par la fédération.

Absence de jeu et de réaction

Les intervenants sont d’accord sur un point : une élimination en quart contre le Nigeria n’est pas une honte en soi. Le vrai traumatisme réside dans l’absence totale de jeu et de réaction des Fennecs lors de ce match.

  • Une performance « honteuse » et « catastrophique » : Les termes reviennent sans cesse. Les Algériens n’ont créé aucune occasion de but en 90 minutes (le premier tir cadré intervient à la 85e). Ils se sont faits « surclassés », « laminés » et « marchés dessus » sur le plan physique et tactique.
  • Un match « à oublier » : Plusieurs intervenants comparent cette prestation à celle, plus digne, de la défaite 4-0 contre l’Égypte en 2010, où l’équipe avait au moins créé du jeu malgré l’infortune.

Vladimir Petkovic dans le collimateur : incohérence et abandon de poste

Le sélectionneur est la cible principale des critiques. Son management avant et pendant la CAN est pointé du doigt.

  • Un coaching « à réaction » et sans identité : Il est qualifié de « docteur Jekyll et Mister Hyde », semblant faire les bons changements en seconde mi-temps dans les matchs de poule, mais totalement absent lors du quart de finale.
  • Choix tactiques « incompréhensibles » : Le choix de titulariser Amoura en faux-9 solitaire contre la défense nigériane, alors que cela n’avait pas fonctionné en poule, est considéré comme une « faute professionnelle ». L’absence de changement à la mi-temps (0-0 à la pause malgré une domination nigériane) est perçue comme un « abandon de poste ».
  • Incohérence et manque de travail sur 2 ans : Les intervenants dénoncent l’absence de ligne directrice, de concurrence loyale et de logique dans les sélections (cas de Zerrouki, Abdelli, Boulbina, Zorgane) ou les titularisations (Mandrea préféré à Benbot malgré la hiérarchie).
  • Des déclarations jugées scandaleuses : Sa phrase « Je ne pense pas que [les changements] auraient changé grand-chose » après le match est perçue comme un « foutage de gueule » et un manque de respect envers ses propres joueurs.

Une génération en question et des joueurs sur la sellette

L’analyse passe au crible plusieurs joueurs :

  • Riyad Mahrez : Sa prestation est jugée très inquiétante. Les intervenants notent son déclin physique flagrant (« il ne court plus »), son manque d’impact et le sentiment qu’il plombe l’équipe. Sa présence future, motivée par le statut plus que par la performance, est remise en cause.
  • Aïssa Mandi et Ramy Bensebaïni : Font partie des satisfactions de la CAN, avec des prestations solides.
  • Hicham Boudaoui : Considéré par beaucoup comme le meilleur joueur algérien de la compétition pour son abnégation et son impact.
  • Ibrahim Maza : Reconnu comme un énorme talent et un futur cadre, malgré un système qui ne le met pas en valeur.
  • Ismaël Bennacer : Performant mais physiquement limité, incapable d’enchaîner les matchs à haut niveau.
  • Les « flops » : Ramiz Zerrouki est vivement critiqué, considéré comme le maillon faible persistant. Mohamed Amoura (mal utilisé), Youcef Atal (sans rythme) et Moncef Bakrar déçoivent.

La Fédération et la presse : des complices du déclin ?

Le débat s’élargit aux structures :

  • Une FAF accusée de complaisance : Elle est critiquée pour avoir reconfirmé Petkovic aussitôt après l’élimination, se contentant de l’objectif contractuel (quart de finale) sans considérer la prestation. Son manque de protection de l’équipe face à un arbitrage contesté est aussi noté.
  • Un discours médiatique trompeur : Certains dénoncent une partie des médias « mainstream » qui, selon eux, évacuent les vrais problèmes (choix du coach, niveau des joueurs) pour se concentrer sur l’arbitrage, entretenant un discours d’excuses et de victimisation.
  • Le cas Benbot : La retraite internationale du gardien est saluée comme un acte « digne » et une réaction compréhensible face au manque de respect après le choix de Mandrea.

Quelles perspectives ? Un avenir sombre pour la Coupe du Monde

Le sentiment est très pessimiste pour la Coupe du Monde 2026 :

  • Un coach à la dérive : Personne ne croit en une remise en question de Petkovic. Le consensus est que l’Algérie ira au Mondial sans identité de jeu, avec des joueurs sur le déclin et un coach dépassé.
  • Un nécessaire renouvellement : Tous appellent à tourner la page avec certains cadres (Mahrez, Mandi) et à construire autour des jeunes (Zorgane, Boudaoui, Boulbina, Maza, Hadj Moussa, Aït-Nouri). Cependant, ils doutent que ce renouvellement ait lieu avant le Mondial.
  • Un problème plus profond : Le débat soulève le manque de travail en amont : absence d’équipe olympique pour détecter les talents, mépris supposé pour le championnat local (les succès de Belaïli et Boulbina étant vus comme des pioches plus que le résultat d’une politique), et incohérence chronique des sélections depuis des années.

Conclusion :

Ce débrief intense a servi d’exutoire pour une communauté de supporters avertis, consternée par le gouffre entre le potentiel de l’effectif et la réalité du terrain.

Le diagnostic est sans appel : l’équipe nationale algérienne souffre d’un défaut de pilotage technique (Petkovic), d’un problème de gestion (FAF) et d’un immobilisme face au nécessaire renouvellement générationnel.

L’analyse se termine sur une note résignée : il faut « subir » la suite du mandat Petkovic et la probable Coupe du Monde, en espérant un vrai changement après. A moins de changements.

 

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