
Bien que l’objectif qui lui avait été assigné par la FAF ait été atteint, le sélectionneur national a quitté le Maroc sur un goût d’inachevé et le sentiment d’être certainement passé à côté de quelque chose de grand.
A l’heure des bilans, il apparaît clair que Vladimir Petkovic pouvait mieux faire. Après deux CAN catastrophiques sur le plan des résultats, le successeur de Djamel Belmadi a, en effet, conduit les Verts jusqu’en quarts de finale et leur a permis d’intégrer le top 8 du moment pour la première fois depuis 2019. Sous sa coupe, l’EN a même décroché son premier succès dans la compétition depuis six ans et demi avant de porter la série à quatre victoires de rang.
Avec une seule défaite en cinq rencontres disputées au Maroc, le bilan chiffré aurait, d’ailleurs, pu sembler très positif s’il n’y avait pas eu cette faillite collective du samedi soir face à l’ogre nigérian. Au-delà du score et de l’implication directe ou pas du referee sénégalais qui a eu à diriger les débats, c’est surtout l’ampleur de la déroute technico-tactique qui a plombé ce bilan et noirci plus que prévu le tableau final. Dans un semblant de mea culpa déguisé en confessions inutiles, Petkovic révélera lui-même s’être trompé.
Objectif atteint, sans mention
Or, le patron technique des Verts n’a évoqué qu’en surface, ce qui les avait handicapés face aux Super Eagles, sans jamais mettre le doigt sur ce qui a réellement fait réduire à néant les chances de l’EN d’atteindre les demi-finales. A ce sujet, c’est principalement le choix des hommes qui devaient porter ce projet de carré d’as qui doit être revu et corrigé le plus tôt possible en perspective des échéances futures, la Coupe du monde 2026 en priorité. Car, il est bien évident que ce n’est certainement pas avec un tel onze déséquilibré que l’Algérie pourrait aspirer à contester la hiérarchie en Amérique.
S’il est vrai qu’il avait eu la main heureuse en huitième de finale face aux Léopards du Congo avec des changements qui avaient constitué le fil conducteur du but victorieux à la 119e minute de jeu, Petkovic a, sur ce point précis, eu tout faux en matière d’approche tactique et pour ce qui a trait à la composante humaine, samedi à Marrakech. Sa décision de ne pas compter sur Zinedine Belaïd, Anis Hadj Moussa, Himed Abdelli et Adil Boulbina d’entrée de jeu, ne gardant que le peu pesant Ramiz Zerrouki parmi les cartes gagnantes de la bataille des huitièmes aura, justement, porté un sérieux coup à sa crédibilité en tant qu’homme des grands rendez-vous.
Repenser certains choix
Sa décision de lancer d’emblée un Riyad Mahrez que le poids des ans rend inadapté à ce genre de bataille physique où l’intensité est à son comble a, en outre, un récurrent air de déjà-vu. L’étrange concept de ne pas intégrer Ilan Kebbal dans ses plans alors que le Francilien faisait parler la poudre en Ligue 1 avant de débarquer en sélection est, tout autant, à cocher dans cette case «bizarreries à réparer au plus vite».
Le placement de Mohamed Amine Amoura qui a traversé cette CAN comme une ombre, le statut à redéfinir de Baghdad Bounedjah ou encore l’utilité d’un Luca Zidane en tant que numéro 1 paraissent, aussi, des questions à trancher avant d’embarquer dans la préparation du Mondial tant ils se sont avérés incongrus et contre-productifs. Car, des enseignements tirés de ce naufrage en plein désert de Marrakech, pourront renaître les espoirs de lendemains meilleurs. Question de constater de visu une progression et de pouvoir se dire, au final, que cette fin cruelle aura réellement servi à quelque chose.
-DJAMEL OUAGLAL





























