ALG : Gouiri, la gâchette manquante
Doublement décisif en Coupe de France face à Rennes, Amine Gouiri a montré, mardi soir, avec l’Olympique de Marseille, tout ce qu’il aurait pu apporter aux Verts lors de la dernière CAN.
Buteur et passeur décisif, l’avant-centre de l’OM aura, en effet, été l’un des grands hommes de la qualification du club provençal aux quarts de finale de la Coupe de France aux dépens du stade Rennais (3-0). Mobile, percutant et multipliant les appels, le très technique Gouiri a montré au Vélodrome tout ce qui a manqué à l’EN lors de son séjour au Maroc qui aurait, certainement, pu s’étaler un peu plus en longueur si Vladimir Petkovic avait sous la main un attaquant de pointe d’un tel acabit. Le très exigeant entraîneur de l’OM en dit, d’ailleurs, toujours du bien et ne l’a pas caché à l’issue de la qualification, avant-hier soir, quand bien même le contexte demeurait toujours lourd quelques jours seulement après la déroute à Bruges qui a acté l’élimination des Marseillais de la Ligue des Champions.
L’arme qui manquait à l’arsenal des Verts
«Je suis content de lui, il a fait un bon match. Il a raté un but, je l’aurais tué… Son entrée en match au PFC ne m’a pas plu, je lui ai dit. Il doit augmenter les attentes qu’il a de lui-même. C’est un joueur très fort», résumait l’Italien Roberto De Zerbi à propos de celui qui avait, rappelle-t-on, inscrit la bagatelle de 48 buts en 51 titularisations avec les jeunes catégories de l’Equipe de France entre les U-16 et les Espoirs. Outre ses qualités de footballeur, Amine Gouiri a aussi montré énormément de caractère avant-hier en ayant une réaction très intelligente alors que le bouillonnant public du Vélodrome lui avait réservé une bronca. Pas un brin perturbé, l’ancien Niçois a relativisé avec des mots qui en disent beaucoup de sa maturité. «C’est à cause de l’occasion ratée, je le sais déjà», a-t-il, ainsi, indiqué à l’issue de la rencontre.
«J’aime marquer des buts»
«Je suis un attaquant, j’aime marquer. Je pense que c’est par rapport à ça. Je n’ai pas entendu le public siffler. Il y a aussi eu des applaudissements, ce que j’ai retenu. Je les comprends parce que je dois la mettre au fond. Si je l’avais mise, ils auraient crié mon nom. Je fais la part des choses, mais le plus important aujourd’hui était la victoire et la qualification» a-t-il, tout autant, expliqué à propos du traitement qui lui a été infligé non sans, toujours, revenir aux derniers événements qui ont marqué l’actualité du plus populaire club français. «Ils sont déçus des derniers résultats. Ça fait du bien d’échanger même dans les bons moments. C’est un club unique avec des supporters uniques, on doit être proche d’eux», soulignera l’international algérien à sa sortie du vestiaire.
De Zerbi : «Il est très fort»
Et de s’étaler : «On savait qu’ils allaient être derrière nous. C’est pour ça qu’ils sont venus, pour nous dire qu’ils seraient derrière nous. Il y a eu des banderoles, mais on savait qu’ils allaient pousser. Ce but en début de matchs nous fait énormément de bien à eux et à nous. Après ce but, je ne me faisais pas de doute sur la suite du match». Content d’avoir parfaitement joué son rôle de locomotive offensive des Ciel et Blanc, Gouiri a préféré évoquer le côté positif de cette soirée contrastée plutôt que de s’attarder sur l’hostilité synchronique d’une partie des supporters. «On a fait un match complet avec de l’intensité. On savait qu’il fallait se racheter, c’est le meilleur match pour se racheter. On a mis trois buts, sans en prendre. On a emmené les supporters avec nous», a-t-il conclu, avec sa lucidité retrouvée.
-RACHID BELARBI



























