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CAF : De Gassama à Ndala, en passant par Atcho et Sy

MOHAMED MALIK

À force de petits arrangements et de complaisance, l’image et la crédibilité de la Confédération africaine de football (CAF) sont engagées. L’arbitrage et sa gestion en sont à l’origine

Rabat, et plus largement tout le Maroc, s’est réveillé lundi matin avec la gueule de bois et un silence pesant. La défaite des Lions de l’Atlas, concédée la veille en finale de la Coupe d’Afrique des nations face au Sénégal (0-1 après prolongation), a été vécue comme un véritable traumatisme national. Un choc brutal, difficile à encaisser, et qui laissera, à n’en point douter, une cicatrice durable dans la mémoire collective. Le football, par essence, est une histoire de drames et de tragédies sportives.

L’histoire regorge de finales perdues qui marquent des générations entières : le traumatisme du Maracanã en 1950, lorsque le Brésil s’est incliné chez lui face à l’Uruguay (1-2), ou, plus près de nous, l’élimination cruelle de la sélection algérienne face au Cameroun au stade Mustapha-Tchaker de Blida (1-2 après prolongations). Autant d’épisodes qui rappellent que le football, au-delà du jeu, touche à l’intime et à l’émotionnel.

Sport magique par excellence, capable de faire vibrer des peuples entiers, le football n’en demeure pas moins indissociable d’un élément souvent décrié : l’arbitrage. Depuis toujours, celui-ci alimente débats, controverses et soupçons, sur tous les continents et à tous les niveaux, y compris les plus prestigieux.

Mais en Afrique, le sport-roi conserve des particularités qui accentuent ces dérives. Malgré les avancées technologiques et l’introduction de la VAR, le pouvoir discrétionnaire de l’arbitre demeure le talon d’Achille du football africain, incapable de se libérer totalement d’un passif lourd fait d’erreurs répétées, de décisions incohérentes et de zones d’ombre persistantes.

La sélection algérienne, pour ne citer qu’elle, a longtemps payé un lourd tribut à cet arbitrage contesté sur les pelouses africaines. Des situations qui ont, au fil des années, profondément marqué joueurs et staffs, nourrissant un sentiment d’injustice difficile à effacer. Des épisodes récents impliquant des arbitres tels que le Botswanéen Joshua Bondo, le Gambien Bakary Gassama, le Gabonais Pierre Ghislain Atcho à la VAR lors des CAN 2023 et 2025, ou encore le Sénégalais Issa Sy face au Nigeria, ont ravivé ces blessures.

La finale Sénégal–Maroc n’a fait que renforcer ce malaise. Les décisions controversées du Congolais Jean-Jacques Ngambo Ndala, associées à la présence, une fois de plus, de l’inamovible Atcho à la VAR, ont alimenté un sentiment généralisé d’iniquité, voire de manipulation, dans l’opinion publique africaine.

À l’ère des réseaux sociaux, où chaque action est décortiquée, ralentie et partagée à grande échelle, la moindre décision arbitrale devient un objet de débat mondial. Des centaines de vidéos circulent, exposant chaque situation litigieuse et amplifiant la défiance.

Dans ce climat, la Confédération africaine de football apparaît dépassée, parfois même discréditée, incapable de rassurer ou d’imposer une autorité claire. La pression exercée sur les arbitres est devenue écrasante, dans un contexte déjà miné par les soupçons.

Les accusations de favoritisme envers le pays hôte, le Maroc, ont pris de l’ampleur après des penalties jugés non sifflés en faveur du Mali, de la Tanzanie ou du Cameroun. Une colère qui n’émane plus seulement des acteurs du jeu, mais aussi des supporters, des médias et même de certaines instances associatives.

Face à l’ampleur du malaise, la CAF ne peut plus se contenter du silence ou de demi-mesures. Elle doit réagir, et vite. Restaurer la crédibilité de l’arbitrage africain est devenu une urgence absolue, sous peine de voir s’installer durablement la frustration, la défiance et le sentiment d’injustice qui ternissent déjà l’image du football africain.

 

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