CM : Le boycott, un coup de bluff ou un coup de semonce ?

Boycotter la prochaine Coupe du monde 2026, prévue aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, pour laquelle quarante-cinq nations ont bataillé pour se qualifier afin de s’offrir la plus grande exposition médiatique possible et des retombées financières très importantes, semble une idée invraisemblable, mais
qui a tout de même suscité le débat et les commentaires de tout bord. Trois courants ont émergé de ce débat qui prend de l’ampleur : il y a d’abord les radicaux, les initiateurs de cette idée qui estiment qu’il faudra boycotter le prochain Mondial-2026 en représailles aux intentions hégémoniques de Donald Trump
et de ses excès de taxer tout le monde ; il y a ensuite ceux qui pensent qu’il y a juste
les Etats-Unis à boycotter, et trouver des solutions sur les deux autres pays, le Canada et le Mexique qui, à quatre mois du grand rendez-vous, ne sont pas parés pour accueillir tous les matchs prévus sur le sol US ; et enfin, il y a ceux qui portent l’idée de participer et de profiter de l’exposition pour dénoncer toutes les dérives.
Cette dernière démarche est d’ailleurs défendue par plusieurs spécialistes de la question dont Pascal Boniface, le géopolitologue français, chercheur, fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS), qui a longtemps travaillé sur la géopolitique du football. L’idée suggérée est née du fait qu’il est quasi impossible de retirer l’organisation de la Coupe du monde aux Etats-Unis, et même de boycotter, compte tenu de tous les enjeux déjà évoqués, mais faire de ce big rendez-vous un espace d’expression des forces vives du football mondial, c’est plus qu’intéressant. D’autant que des supporters, ceux des sélections haïtienne et iranienne, sont d’ores-et-déjà interdits de fouler le sol américain, ainsi que d’autres pays, sans compter les restrictions affichées et les risques de refoulements et d’interpellation brandis par le pays de l’Oncle Sam.
Le renoncement de Trump, tout récemment, d’envahir le Groenland est déjà une bataille de gagnée, notamment pour les Européens, laisse une place prépondérante pour reconquérir des espaces où les fédérations et les stars du football pourraient s‘exprimer face aux dérives sans cesse de la FIFA, et surtout de son président, Gianni Infantino, complètement inféodé à l’homme fort de la Maison-Blanche, surtout après lui avoir remis un «Prix de la Paix» tout inventé. En réalité, la majorité des pays qualifiés ont voté – forcés ou par conviction – en 2019 en faveur de la candidature tripartite portée par Donald Trump, lors de son premier mandat. Mais les récents changements qu’a connus la scène politique et économique mondiale, peuvent amener des acteurs du football à protester contre la politique des «deux poids et deux mesures» et à passer des messages forts, pour un sport-roi plus humanisé, plus juste, accessible et populaire.
D’ailleurs, la protestation contre la cherté des billets des stades a poussé la FIFA et les Etats-Unis à réviser leurs prix. D’autres actions sont possibles de la part des associations, en concertation, et des footballeurs eux-mêmes pour défendre leur jeu.
– LAFORDASSE





























