CAF (F) : Le Maroc souffle le chaud et le froid pour la CAN féminine
NAZIM BESSOL

Il fallait s’y attendre et ce n’est guère une surprise. La CAN féminine 2026, qui devait avoir lieu au Maroc dans un mois (du 17 mars au 3 avril 2026), risque finalement d’être organisée par l’Afrique du Sud ! La vice-ministre des Sports d’Afrique du Sud, Mme Peace Mabe, l’a annoncé lors de la cérémonie des Awards de Super League (championnat), que son pays allait organiser la CAN féminine 2026 à la place du Maroc. Pour elle, avec « des propos diplomatiques », elle a déclaré que c’était « une opportunité qui s’est offerte à nous et nous l’avons saisie, car nous avons les infrastructures et le soutien. Quand le Maroc a dit qu’il n’était pas capable d’accueillir le tournoi, nous avons dit, oui, nous sommes prêts !»
Que ce soit du côté de Rabat ou du Caire (le siège de la CAF), c’était le silence total. L’information venue d’Afrique du Sud est mise sous le paillasson. Et l’on ne savait pas si le Royaume boude après les sanctions prises à son encontre par le jury disciplinaire de la CAF à la suite des incidents « techniques » survenus lors de la finale de la CAN-2025 ou si c’est la défaite qui a fait sortir les supporters mécontents dans la rue pour manifester leur colère. Toutefois, il s’agit tout de même de la troisième fois en onze ans que le pays fait faux bond. En 2015, le Maroc a refusé d’organiser la CAN pour cause d’épidémie d’Ebola, alors même que la flotte de la Royale Air Maroc (RAM) sillonnait le continent et que finalement la Guinée-Equatoriale a repris ça au pied levé.
La Fédération marocaine avait été sanctionnée et interdite de participer aux deux CAN suivantes, mais le TAS les a annulés. Puis, en 2021, c’est autour de la CAN-U17 au Maroc d’être annulée
à quelques jours du début de la compétition à cause de la situation sanitaire liée à la pandémie de Covid 19… Or, selon les toutes dernières informations émanant de Johannesburg, le ministre sud-africain des Sports, Gayton McKenzie, a dû tempérer la sortie de sa collègue. Dans un communiqué diffusé quelques heures plus tard, le ministre reconnaît l’existence de discussions de « planification d’urgence » avec la CAF. Une manière de rectifier le tir et de ne pas polémiquer et de laisser la porte ouverte au Maroc, au cas où il reviendrait sur sa décision.
«L’Afrique du Sud a exprimé sa volonté de soutenir la CAF, si nécessaire, dans l’éventualité où des dispositions alternatives d’organisation pour la CAN féminine 2026 deviendraient nécessaires. Ces échanges s’inscrivent dans le cadre de discussions en cours initiées par la CAF, alors qu’elle étudie différentes éventualités conformément à sa responsabilité de bonne gouvernance du football continental (…) Le Maroc reste le pays hôte désigné », indique le communiqué. Selon les informations de Botola, la Fédération royale marocaine de football (FRMF) a bien saisi la CAF par courrier officiel dans lequel il est question de la CAN féminine à venir sans évoquer explicitement un retrait de l’organisation.
Un message codé ou plutôt un coup de pression destiné sans doute à la consommation locale après l’énorme désillusion de la CAN-2025 et les sanctions infligées par la CAF aux joueurs
et à la FRMF. Le Maroc se retrouve donc pris à son propre piège et risque de lourdes sanctions financières tout comme la suspension de sa sélection pour les deux prochaines éditions. Toujours selon nos informations, la CAF a bel et bien entrepris une série de contacts indirects avec certains pays et pas forcément via les fédérations. Botola est en mesure de confirmer que la CAF a pris la température du côté d’Alger sans que le président de la fédération et ministre des Sports, Walid Sadi, ne soit sollicité directement. L’Égypte et la Côte d’Ivoire figurent aussi parmi les pays approchés, tout comme l’Afrique du Sud.
Le Maroc qui a réussi à calmer in extremis les manifestations de la GenZ-212 à quelques semaines du coup d’envoi de la CAN-2025, avec la promesse de garder le trophée à domicile, doit trouver une parade pour faire accepter l’organisation de la CAN féminine un mois après. Rappelons que l’une des principales critiques des manifestants concernait les moyens débloqués pour le football au détriment du système éducatif et de la couverture sanitaire, après le décès de 8 femmes en couches !





























