
Si, en interne, « notre huile est dans notre semoule », comme le dit un adage bien de chez nous pour signifier en quelque sorte que le linge sale se lave en famille, voilà que maintenant on se donne en spectacle en
terre étrangère. C’est une première dans les annales du football algérien si l’on se réfère aux incidents qui ont eu lieu en Côte d’Ivoire et en Tanzanie, lors du déplacement de nos deux représentants en Coupe de la Confédération, l’USM Alger et le CR Belouizdad. Loin de s’ériger en donneurs de leçons, il faut admettre que ce qui s’est passé la veille du match entre le FC San Pedro et l’USMA, au niveau du lieu d’hébergement de la délégation algéroise et à la fin de la rencontre entre Singida Blacks Stars et le Chabab, est une escalade supplémentaire dans le dramatique feuilleton de la violence qui frappe régulièrement et de plein fouet notre sport-roi, y compris désormais en Afrique.
Le comble, c’est que ces incidents n’ont pas eu lieu avec les supporters du club adverse, les organisateurs du match ou à la limite avec les forces de l’ordre, comme cela peut survenir de temps à autre. C’est entre Algériens que la situation a dégénéré, alors que sur un plan purement sportif, les résultats étaient en faveur de nos clubs. D’un côté, le Chabab s’est non seulement qualifié aux quarts de finale, mais il termine leader de son groupe, et de l’autre, le club de Soustara, également qualifié en attendant de disputer la première place lors de la dernière journée face à l’OC Safi. Il n’y avait donc pas de quoi faire un scandale et s’attirer des ennuis, et surtout porter préjudice au club, car les officiels des deux rencontres ne devraient pas rester les mains liées, en rapportant tout ce qui s’est passé dans leurs rapports.
Quelles que soient les raisons de ce comportement inacceptable des supporters, qui, faut-il le souligner, ont parcouru des milliers de kilomètres pour soutenir leurs favoris, il y a toujours des voies et moyens
de résoudre le moindre problème ou incompréhension en gens responsables et civilisés. Surtout lorsqu’il s’agit, par exemple, d’un ressortissant étranger, en l’occurrence le coach belouizdadi Saed Ramovic (notre photo), qui est dans son droit de déposer plainte contre ceux qui l’ont agressé, même verbalement. De son côté, la direction du club est dans l’obligation de protéger son employé, mais aussi de mettre en place les canaux et les voies et moyens pour résoudre ce genre de « contentieux » entre les supporters et les joueurs ou l’entraîneur, comme cela se fait ailleurs à travers une bonne communication et des échanges dans un cadre organisé.
Avec ces incidents, c’est encore une fois l’image du football algérien qui est écornée, car ne reflétant pas l’esprit sportif et les vertus que doit véhiculer le football, d’autant que nous sommes à l’ère des réseaux sociaux et des ultras, devenus des acteurs de grande influence, impactant le fonctionnement et la vie des clubs.
– LAFORDASSE





























