
Encore une fois, les clubs algériens engagés en Ligue des Champions africaine, la plus prestigieuse compétition continentale mesurant l’état de santé du football professionnel d’un pays, ont échoué aux portes des quarts de finale. En s’inclinant à Pretoria, en Afrique du Sud, face aux Mamelodi Sundowns (0 – 2), le MC Alger a rejoint la JS Kabylie, déjà éliminée avant cette sixième et dernière journée de la phase de groupes. Ainsi, au-delà du constat, que chacun peut faire aisément, et des raisons qui ont concouru à cet énième échec, le plus inquiétant est qu’aucun indice notable ou un indicateur de développement sérieux ne montrent que le football algérien est sur la bonne trajectoire ou bien inscrit dans une réelle stratégie de progression.
Le Mouloudia d’Alger, qui domine le championnat national pour la troisième saison consécutive, a encore échoué non pas faute d’avoir tout tenté sur le terrain, mais parce qu’il s’est trouvé confronté
à ses propres limites incapables de rivaliser avec les plus forts que lui. Il apparaît évident que s’il a recruté deux ou trois bons éléments étrangers, il n’est pas parvenu à se hisser parmi le ghota des meilleures formations du continent. La raison est simple. Elle réside dans la faiblesse des joueurs locaux. D’ailleurs, la fédération s’appuie pour ses différentes sélections sur les joueurs algériens formés à l’étranger. (Les deux sélections qualifiées aux phases finales de la CAN- 2026, féminine et Futsal, sont composées à plus de 95% de joueuses et de joueurs formé(e)s en Europe)
Depuis les sacres de l’USM Alger en 2023, aucune sélection ou club n’ont réussi à décrocher le moindre titre, ne serait-ce qu’à un niveau régional. Tous les observateurs et analystes avertis ont vite constaté que le même schéma de travail, qui a prévalu entre 2001 et 2017, est reconduit aujourd’hui, comme le démontrent les opérations de détection que mène ces deux derniers mois la Direction technique nationale (DTN) au niveau du Sud du pays. En effet, deux nouveaux plateaux, l’un à Béchar et l’autre à Ouargla, sont organisés ces jours-ci pour, dit-on, observer les jeunes joueurs nés en 2012 et 2013 en vue d’en retenir les meilleurs (combien ?) afin qu’ils participent au Tournoi national des Jeunes talents, prévu à Oran à la fin du mois de mars (à quels desseins ?).
Quelle est la destinée de tous ces joueurs détectés ? Accéderont-ils à une formation de haute qualité pour en faire de futurs footballeurs professionnels ou disparaîtront-ils dans la nature au détour d’un Tournoi qu’on organisera en grandes pompes pour dire que la DTN active ? Tant que les adeptes de la Loi Bahamas seront aux manettes du football algérien, ce dernier n’aspirera pas à mieux. Le défaitisme (re)gagne de nouveau les rangs de nos équipes, dépourvues non pas de moyens au même niveau de leurs adversaires, mais surtout de joueurs de grande qualité pour faire la différence. Des joueurs qui ne tomberont pas du ciel si on ne les forme pas dans nos écoles, académies et centres. A condition qu’ils existent déjà.
– LAFORDASSE





























