
A l’allure où filent les années, conjuguée aux mémoires frivoles et oublieuses, une petite rétro s’impose pour rappeler ce que fut l’année 2025 pour le football algérien qui avance entre les ombres de ses incohérences, insuffisances et manque de vision et de projet, et la lumière d’une sélection A qui retrouve des couleurs, mais qui demeure l’arbre qui cache la forêt.
Une sélection qui a renoué avec les bonnes habitudes après sa qualification pour la Coupe du monde -2026, après une absence aux deux dernières éditions (2018 et 2022), et un passage au second tour de la Coupe d’Afrique des nations, qui se déroule en ce moment au Maroc, après un échec lors des deux dernières éditions (2021 et 2023).
Mais, ne pensons pas comme ceux vite oublieux qui veulent imposer une histoire tronquée et truquée, en faisant fi de rappeler que lors de la dernière Coupe du monde à laquelle les Verts ont pris part, ils avaient atteint les huitièmes de finale, ce qui doit les inciter à faire mieux lors du prochain rendez-vous planétaire en 2026. Tout comme ceux qui, insidieusement, évitent de dire qu’en 2019, l’Algérie était une brillante championne d’Afrique. Un os resté au travers de la gorge de certains, envieux et rancuniers.
Seulement, le football ne devrait pas s’arrêter aux performances qualificatives de la première sélection du pays, mais aux titres qu’il doit engranger à tous les niveaux, fruits d’une stratégie porteuse et de fondements sérieux à moyen et long terme. Car malheureusement, à l’heure des bilans, le football algérien reste bien loin du grand potentiel dont il recèle et des attentes de tout un pays qui vibre pour le sport le plus populaire.
Hormis la sélection nationale féminine A qui, comme son homologue masculine,
est composée de joueuses binationales formées à l’étranger, notamment en France, qui performe en se qualifiant pour sa septième CAN (en 2026, après une qualification historique aux quarts de finale de la CAN-2024), toutes les autres équipes nationales sont à la traîne.
Les jeunes U17 et U20, chez les garçons et les filles, n’arrivent même pas à se qualifier aux phases finales de la CAN de leurs catégories et ont du mal à s’imposer aux tournois de leur propre zone UNAF (Union nord-africaine de football). Ne parlons pas des autres disciplines que sont le Futsal et le Beach-Soccer qui restent à leur niveau rudimentaire, y compris le football féminin qui a du mal à se développer en absence d’une assise de formation, malgré les efforts que consentent des clubs ou pôles traditionnels qui s’accrochent tant bien que mal.
Le football amateur souffre le martyre à cause de problèmes financiers et structurels, en sus des retombées d’un professionnalisme démarré en 2010 sans la moindre réflexion et étude d’un modèle- gagnant, engendrant des problématiques que traînent jusqu’à maintenant de très nombreux clubs endettés et risquant la disparition sans l’aide de l’Etat.
Quant au football professionnel, il tente de se frayer un chemin dans une conjoncture socioéconomique difficile, où encore une fois l’Etat en assure le financement, un management encore loin des standards et une réglementation plus contraignante que réformatrice.
La preuve en est que nos clubs sont toujours bloqués par le plafond de verre en Ligue des Champions africaine depuis le sacre de l’Entente de Sétif de 2014. Un indicateur qui ne trompe pas, tout comme le fait d’avoir deux joueurs – remplaçants – seulement en sélection A !
Ne parlons pas des infrastructures sportives dont la gestion et la valorisation posent encore problème, et/ou dont la vétusté et l’incompétence sèment parfois la mort comme ce fut le cas le 21 juin dernier au stade du 5 -Juillet -1962, à Alger, ou bien la violence latente qui, souvent, affecte nos arènes dont les pelouses, elles aussi, ne sont pas tout le temps vertes, imposant la fermeture de stades pourtant neufs.
C’est ce tableau peu reluisant à qui il faudra changer de couleurs et de contours pour un avenir plus radieux du football algérien.
MALIK MOHAMED






























