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AFR : Lekjaa et la CAF ou les dessous d’un pouvoir contesté

LAFORDASSE

En difficulté depuis la finale perdue de la CAN-2025 face au Sénégal, ce ne sont pas les propos tenus par le président de la Confédération africaine de football (CAF), le Sud-Africain Patrice Motsepe, en conférence de presse dimanche dernier au Caire, qui vont aider le sulfureux président de la Fédération royale marocaine de football, Fouzi Lekjaa. À tel point que sa démission a plusieurs fois été évoquée.

Le patron de l’instance continentale a publiquement pris ses distances avec la décision d’attribuer le titre de champion d’Afrique, gagné sur le terrain par le Sénégal (1-0), au Maroc. Une victoire qui avait glacé tout le royaume, à commencer par Moulay Rachid, le frère du roi, qui a refusé de décerner le trophée, comme le prévoit le protocole, aux « Lions de la Téranga ».  Fouzi Lekjaa a préféré disparaître ce soir-là et a fini aux urgences pour un malaise, dit-on, de sources proches. Selon ces mêmes sources, il était sous pression et n’a pas tenu la promesse faite au roi, celle de lui offrir le trophée, un titre derrière lequel le Maroc court depuis un demi-siècle. Jamais adopté par la bourgeoisie de Rabat, lui qui vient de si loin (Berkane), Lekjaa sait mieux que quiconque qu’elle ne le ratera pas.

Dans sa quête désespérée de ramener le trophée à Rabat, Lekjaa a ouvert un autre dossier, une sorte « d’assurance-vie », tant la décision du Jury d’appel de la CAF semble fragile face aux juges du Tribunal arbitral du Sport (TAS) de Lausanne. Le ministre délégué au Budget du roi et champion de la lutte des places au niveau des instances (CAF, FIFA, UAFA, UNAF…) tente de se racheter en forçant la main à la FIFA, à l’UEFA et à l’Espagne en même temps, pour faire jouer la finale de la Coupe du monde 2030 au Maroc. Pour ce faire, il s’est adjugé les services d’une grande agence parisienne et ceux de l’ancien communicant du candidat François Hollande, élu président de la France en 2012.

La mission doit en priorité redorer l’image personnelle du président de la FRMF, de la fédération et du Maroc en Afrique et ailleurs dans le monde. D’ailleurs, plusieurs médias de l’Hexagone ont été sensibilisés. Mais les images de la finale du 18 janvier dernier et le médiocre spectacle de l’organisation offert au monde entier sont et resteront longtemps gravées dans la mémoire collective. Elles hantent la légende du football africain et mondial. Pire, la capitale sympathie sur le continent, amassée au fil des dates FIFA et des événements organisés à perte par le Maroc, a depuis très largement été entamée.

À commencer au Sénégal, où Fouzi Lekjaa cumule les griefs. Il est le principal artisan de la chute de l’ancien premier vice-président de la CAF, Me Augustin Senghor, candidat malheureux à l’Exécutif mondial. Ce dernier n’avait d’ailleurs pas hésité à dénoncer le protocole de Nouakchott qui a réservé, pour la première fois depuis 1957, l’ensemble des sièges (6) au Conseil de la FIFA aux Arabes. Nombreux sont ceux qui lui reprochent son comportement de « voyou » à l’égard de certains de ses collègues.

Pour conclure, l’arrivée de nouveaux membres au sein du Comité exécutif de la CAF, parmi lesquels l’ancienne star du FC Barcelone, Samuel Eto’o, et les nouvelles alliances qui se dessinent avec comme mot d’ordre « non à la vassalité », participent à fragiliser encore plus la position du Marocain. À l’approche du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’existence ou non d’une notice d’interdiction du territoire américain concernant Fouzi Lekjaa.

Elle serait liée à l’affaire de narcotrafic international dite « Escobar du Sahara », affaire dans laquelle un proche de Fouzi Lekjaa, Saïd Naciri, ancien membre du Bureau exécutif de Lekjaa et ancien président du Wydad Casablanca, est sous les verrous. Et l’absence du président de la FRMF à Washington DC, au mois de décembre dernier, lors du tirage au sort de la Coupe du monde 2026, en présence du président Donald Trump et du gotha mondial, alimente les débats, au niveau même de certains de ses collègues du Comité exécutif de la CAF.

-LAFORDASSE

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