Contribution : Tourner la page des coulisses et revenir à la science
BADIS N. (CADRE SUPÉRIEUR DU SPORT)

À défaut d’un vrai bilan établi par la Fédération algérienne de football, le débat se poursuit au sujet de la participation de l’équipe nationale à la dernière Coupe d’Afrique des nations. D’où cette contribution qui mérite le détour sur une compétition déconnectée de la performance réelle.
La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) est le rendez-vous incontournable du football africain. Elle devrait être l’expression du talent, de la préparation et de la rigueur scientifique des équipes nationales.
Pourtant, trop souvent, le succès y est encore associé aux ‘’coulisses’’ et aux manœuvres, au lieu d’être le fruit d’un travail méthodique et réfléchi.
En Algérie, un discours persistant veut que gagner dépende des dirigeants ‘’connaissant les coulisses du football africain’’. Cette idée est profondément erronée et dangereuse pour l’avenir du sport national. Les coulisses ne construisent pas la performance, elles entretiennent l’improvisation et la dépendance à des relations informelles.
L’Algérie ne doit plus parler de coulisses
Elle doit parler de sciences du sport, de méthodologie, de formation et de compétence. La réussite ne se décrète pas dans les bureaux et les couloirs, elle se prépare sur le terrain, dans les laboratoires sportifs, dans les stades et à travers des programmes de développement durable.
La science du sport comme priorité
La performance sportive repose sur des piliers scientifiques, que sont essentiellement la planification de l’entraînement, le suivi de la charge physique, la récupération et la nutrition, la réparation mentale, ainsi que la continuité des projets sportifs. Ces fondamentaux doivent guider toutes les décisions. Une personne sans formation spécialisée, même influente ou ‘’maligne’’, ne peut pas diriger efficacement le football.
Comme le dit l’analogie : un ingénieur en informatique ne peut pas soigner un malade.
De même, seuls des experts formés en management sportif, en sciences du sport, en gouvernance et en droit du sport sont aptes à construire un football moderne et performant.
L’arbitrage et la diplomatie : Des paramètres à gérer, pas des excuses
L’arbitrage peut influencer un match, mais il ne doit jamais servir d’excuse pour masquer le manque de préparation ou de compétence. Il doit être intégré dans la préparation mentale et tactique des équipes. Par ailleurs, une diplomatie sportive professionnelle et légitime est indispensable pour défendre et protéger les joueurs, valoriser l’image du pays et de ses infrastructures, promouvoir des cadres compétents capables d’organiser de grands événements et convaincre les instances internationales de confier à l’Algérie l’organisation de manifestations majeures. Cette diplomatie complète le travail scientifique, mais ne le remplace jamais.
Réformer le football algérien par la loi et la compétence
La réforme doit passer par des lois claires et contraignantes, protégeant le football des opportunistes et garantissant que les dirigeants soient choisis sur la base de leurs compétences réelles, et non de leur réseau. Il est impératif de promouvoir des dirigeants issus de formations spécialisées, compétents, éthiques et visionnaires. Seule cette approche permettra de construire un football crédible, stable et compétitif à l’échelle africaine et internationale.
Conclusion
Le salut passe par un football fondé sur la science. L’Algérie ne doit plus parler de coulisses, elle doit parler de science, de compétence et de diplomatie responsable. La grande performance naît d’un travail méthodique, fondé sur les sciences du sport et soutenu par une gouvernance éthique.
La Coupe d’Afrique des Nations doit redevenir ce qu’elle aurait toujours dû être : une compétition où le mérite du terrain, la science du sport et la compétence des dirigeants décident du champion, et non les influences informelles ou les arrangements en coulisses.
– BADIS N. (CADRE SUPÉRIEUR DU SPORT)





























