
Tout ce qui est excessif devient insignifiant ! Une expression qui va comme un gant a cette 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations.
Tout récemment un haut responsable africain, sous couvert d’anonymat déplorait, avant même le début de la compétition, les difficultés rencontrées pour obtenir le visa d’entrée au Maroc. «Beaucoup de collègues qui souhaitaient assister en famille à cette CAN, n’ont pas reçu leur visa », expliquait-il à Botola, quelques jours avant le coup d’envoi.
Une édition hyper « marketée », sans que les solutions notamment techniques ne suivent. Résultat une application qui beug et des officiels, journalistes et fans sans visa jusqu’à la dernière minute. Certains ont même annulé leur déplacement. Si le royaume a été épargné sur ce volet précisément, ce n’est qu’après le début de la compétition que les vrais problèmes, notamment ceux relatifs au comportement des arbitres particulièrement lorsque le pays hôte était de sortie, ont commencé à être dénoncés.
Tout de suite après les matchs Maroc – Mali et Maroc – Tanzanie, les critiques se sont abattues sur la 35e édition de la CAN au Maroc. Tout comme les incidents d’ailleurs. Des critiques qui n’ont d’égale que la médiatisation et exposition du tournoi. Une politique assumée et défendue par le premier responsable du football africain, le sud-africain Patrice Motsepe, qui a fait de la rentabilité de cette compétition et de toutes les autres organisées par la Confédération Africaine de football (CAF), son cheval de bataille.
Face au refus de l’instance panafricaine de voir certaines réalités durant cette compétition, certains, dont le président de la FECAFOOT, Samuel Eto’o, coupable d’avoir déclaré ses ressentiments après l’élimination de son équipe en quart de finale face au Maroc, a écopé de quatre matchs de suspension. La fédération algérienne de football attend pour sa part à quelle sauce, elle va être mangée et menace de saisir le Tribunal Arbitral Sportif (TAS) de Lausanne, après l’ouverture d’une enquête disciplinaire par la CAF, contre certains joueurs et officiels.
La grogne a même gagné les salons feutrés de la CAF où se tenait la dernière réunion du Comité exécutif tenue vendredi en présence des présidents de fédérations membres (beaucoup ont fait l’impasse dont l’Algérie). Lors de cette réunion, le président de la fédération nigériane (NFF), Ibrahim Musa Gusau dont l’équipe a été éliminée par le pays hôte a interpellé le président de la CAF «Monsieur le président ce qui passe est une honte pour la CAF ! On se rend compte que vous avez des passe-droits que vous offrez à vos amis. »
Devant un Motsepe sans voix, le dirigeant nigérian a poursuivi : « C’est la coupe d’Afrique de la honte. Certes, le pays organisateur nous a bien reçu mais derrière, il nous a tendus des pièges. Comment expliquer que la Royale Air Maroc (RAM) nous annonce un jour avant le voyage qu’il n’y a pas de vol ? Comment se fait-il que le pays organisateur n’ait pas bougé de son hôtel une seule fois durant tout le tournoi … C’est nous qui allons tuer le football africain avec ces pratiques », a averti Musa Gusau.
Puis, Musa Gusa s’est adressé au président de la fédération royale marocaine de football (FRMF), premier vice-président de la CAF et membre du Conseil de la FIFA), Fouzi Lekjaa pour lui asséner quelques vérités douces-amères. Cette intervention a fait réagir le Marocain qui, à la fin de la réunion, lui a balancé deux ou trois noms d’oiseaux. Un exercice où il excelle. Selon les informations recoupées par Botola, plusieurs membres présents ont assisté à la scène.
Seulement voilà, contrairement au cas de Samuel Eto’o, immédiatement suspendu, le récidiviste Fouzi Lekjaa, n’a pas été inquiété. De quoi conforter l’affirmation de Musa Gusau, lorsqu’il évoque des arrangements entre amis !
Nazim Bessol






























